Bonjour à tous,

 

Aujourd'hui je vous parle d'un bouquin spécial, oui spécial mais dans le mauvais sens du terme...

Car c'est la première fois en 30 ans de lecture, que je ne fini pas un livre...je fini toujours les livres que je lis, même si je n'aime pas, mais là je n'ai pas pu...Je me sens presque coupable, par respect pour l'auteur, ce livre tout le monde n'en a fait que des louanges, et moi je n'ai pas pu le terminer, tellement je me suis ennuyée...j'ai honte.

 

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Qui est l'auteur ? 

Charles T Powers (1943-1996), originaire du Missouri USA, était journaliste et écrivain. 

Journaliste au Los Angeles Times et correspondant étranger du journal, il couvre l'Afrique, basé à Nairobi de 1980 à 1986. Puis il part en Pologne, à Varsovie, comme chef de bureau pour l'Europe de l'est de 1986 à 1991.

De retour dans le Vermont, il rédige "En mémoire de la forêt", qui devient un Best-seller aux Etats-Unis dès sa sortie en 1997. Ce roman est son unique livre, car il est mort peu de temps après l'avoir terminé.

 

De quoi parle le livre ? 

Ce livre nous emmène dans le petit village polonais de Jadowia où règnent en maître la rudesse et la vodka. Le jeune Tomek est retrouvé mort dans la forêt un beau matin, près de la distillerie.

Malheureusement, l'inefficacité de l'unique agent de police du coin et la main mise de Jablonski, ancien administrateur du régime communiste qui continue à régir les affaires de Jadowia sous le manteau, permettent à l'affaire d'être étouffée.

Néanmoins, Powierza, le père de Tomek, et le jeune Leszek, son voisin cultivé, s'activent à éclairer ce meurtre.

 
En parallèle, de nombreuses anciennes maisons du villages sont mystérieusement dépouillées de leurs fondations et les portes sont vandalisées. Il semble que quelqu'un opère selon une logique qui échappe à beaucoup d'habitants qui n'y voient qu'un retour des juifs pour chercher leurs trésors enfouis avant la guerre. Sur ce point, c'est peut-être bien le père Tadeusz qui pourra apporter quelques lumières, loin des clichés qui persistent.

 

Toutes les critiques sont unanimes, ce livre relève du chef d'oeuvre, un thriller à couper le souffle, une écriture magistrale, de l'intrigue et du suspense...enfin d'après eux...

Je vous l'ai dit au début, je n'ai pas du tout aimé le livre, déja ce n'est pas du tout un thriller ! Mais plutôt un roman noir, triste..Même si la mort de Tomek arrive dès le premier chapitre, personne n'est pressé d'élucider ce mystère, la résolution de l'enquête n'est pas du tout l'essentiel du livre, et le peu que l'on découvre n'est pas très palpitant.  Nous ne sommes pas menés de page en page le souffle coupé comme on pourrait l'attendre d'un thriller classique.

Dans ce livre il est beaucoup plus question de la vie quotidienne des polonais, la Pologne apparaît profondément abîmée par des dizaines d'années d'une dictature qui s'inscrit dans les mémoires dans la même lignée que le régime nazi. Où l'on se rend compte que tous les régimes totalitaires, finalement, se valent. Les anciens collaborateurs communistes sont vilipendés, acheter des produits russes est répréhensibles ; quant aux anciens dirigeants du système, ils sont détestés au mieux, menacés souvent.

En outre, la misère règne. Le travail se fait rare. La plupart des hommes sont imbibés de vodka. Les maisons semblent insalubres et une solitude perpétuelle étreint les gens. Les quelques visions de la ville ne sont pas bien meilleures : la grisaille et la pauvreté apparaissent simplement industrielles au lieu d'être agricoles et à plus grande échelle.

Derrière ce quotidien en noir et blanc point le souvenir de la seconde guerre mondiale. Le village était jadis peuplés essentiellement de juifs qui, tous, ont été déportés. Auparavant, ils ont été parqués au centre de village et les anciens habitants non juifs ont vécus cette période sombre. Certains, comme le grand-père de Leszek, ont tenté de se battre puis se sont cachés dans la forêt. Leurs souvenirs sont leur pire fardeau. Encore aujourd'hui, la question juive apparaît brûlante dans ce roman. Entre une incompréhension nimbée de caricature et une volonté d'oublier une horreur qu'ils ne veulent plus porter comme la leur, les polonais de Jadowia sont d'une humanité un peu lâche mais tellement juste. 

Tout cela aurait pu être interressant, sauf que l'on se perd...

Trop de personnages, avec des noms qui se ressemblent trop, j'ai mis énormément de temps à reconnaitre qui était qui.

La construction du récit était pourtant pas si mal que ça. Il y avait une alternance de narrateur, un chapitre sur deux donnant la parole à Leszek, les autres présentant toute la nébuleuse de personnage autour de lui, chacun composant une partie de ce chapitre. Le roman démarrait pas trop mal, Tomek est retrouvé mort à la fin du premier chapitre, pour moi, l'ensemble allait s'enchaîner. Mais, à la place, Leszek parle de son ami d'enfance quelques instants avant de s'étendre jusqu'au bout de son chapitre en parlant de sa relation avec la femme du vétérinaire, ou de ce champ qu'il veut acheter... Les autres, quant à eux, vivent dans leur monde, l'intrigue avance à vitesse d'escargot, c'est trop lent !! 

476 pages de récit, après plus d'une semaine de lutte, d'endormissements et de lassitude, je lâche page 286... Je ne lis même plus pour connaître le fin mot de l'histoire, mais tout bêtement pour avancer, et quelques heures après avoir posé le livre, à sa reprise, je ne sais même plus où j'en suis..

 

J'ai donc abandonnée...